[Récit/background] SHIRONOUE Ch4 (+18 pour lecteur averti)

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Anna Gelson
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[Récit/background] SHIRONOUE Ch4 (+18 pour lecteur averti)

Message par Anna Gelson » 28 août 2019, 14:05

(Attention, ce récit possède une vision différée de l'univers FF XIV, aucune concession ne sera faite dans son ton. Aussi cette histoire est pour LECTEUR AVERTI de 18 ans et +. J'espère malgré cela que vous apprécierez ce récit comme j'ai eu passion de l'écrire. Bonne lecture.)
Prologue:

Les ténèbres de la nuit recouvraient la plaine Yanxienne, seule la pleine lune éclairait le paysage calme, mais inquiétant devant lequel dormait Onoue. Dormir était sans doute un bien grand mot, car seul son oeil droit était fermé, elle gardait l'autre à peine ouvert par méfiance d'éventuels prédateurs qui rôderaient, cherchant une proie facile à dévorer.
Et elle semblait ne pas s'être trompée à l'entente des fins chagrins qui flottaient de plus en plus près de ses jambes et elle les serra en devinant pourquoi la source de ces pleures était présente... Elle savait ce que cette chose pouvait faire. Une longue langue commença à serpenter le long de la jambe droite d'Onoue tel un ver immonde. Elle patienta jusqu'à ce que l'horrible sensation atteigne sa cuisse. Quand soudain, elle attrapa sa lame pour venir la planter droit dans l'oeil gauche de la créature détentrice de l'immonde langue avec violence et vitesse, comme un pêcheur harponnant un poisson, la lame sortit par la nuque de la chose pour se nicher dans la terre.
- Je t'ai bien eu... Maintenant tu es coincée là, tu vas attendre avec moi le levé du jour bien sagement, d'accord?
Onoue se mit à sourire d'un air satisfait vers l'empalée qui gémissait. Cette créature était une tête demeurant sans corps, cadavérique, ses cheveux de jais longs n'était dorénavant plus que les seules choses à flotter librement. La chose posa son seul oeil intact dans celui d'Onoue en hurlant de chagrin. Mais Onoue attrapa sa langue et d'un coup sec l'arracha de la bouche de la femme sans corps dans une effusion de sang et attendit la venue des premiers rayons de soleil qui commençaient à faire flamber la tête empalée dans des hurlements de douleur stridents et déchirant. Onoue posa alors son pied sur le front du monstre pour retirer son sabre de son oeil, laissant tomber la créature en cendres... comme si celle-ci n'avait jamais existé. Elle leva alors les yeux vers une Yanxia qui s'illuminait en douceur et se mit en marche vers le village le plus proche.

Elle savait quelles horreurs s'y tramaient actuellement.
Ère de l'Onmyōdō: La troupe de l'Ogresse.
Chapitre 1:

Yuri leva la tête du puit où elle avait puisé de l'eau, essuyant les hématomes de son visage fin aux joues creuses en grimaçant de douleur. Elle accrocha ses cours cheveux bruns sales et décoiffés en queue de cheval et souleva le seau afin de se mettre en route entre les piquets où pourrissaient différents squelettes des défunts habitants du village servant de garde-manger pour les corbeaux qui ne se privaient pas de béqueter les morceaux de chair encore collés sur les os ou encore les yeux coulants des orbites. Yuri savait que ses parents se trouvaient au milieu de ce macabre rassemblement, mais elle ne préférait plus y penser. Cela faisait déjà un petit moment qu'elle s'était habituée à vivre au milieu des macchabés et, contrairement à ce que la majorité humaine peut penser, à l'odeur immonde qui envahissait le village fantôme.

La jeune femme entra dans une bicoque et posa le seau lourdement devant un homme à la barbe de trois jours et aux yeux cruels et méfiants. Il était assis en tailleur devant un rassemblement d'enfants de plusieurs tranches d'âges, mais visiblement jamais plus que dans la dizaine, leurs regards apeurés reflétait les pâles et rares rayons du soleil qui passaient entre les rideaux de paille en mauvais états. Sales et collés les uns contre les autres, comme des rongeurs devant un chat les acculant pour jouer avec eux et les dévorés ensuite. L'homme observa Yuri.
- Tu as rapporté l'eau, tu obéis bien, petite chienne. Maintenant quels gamins va-t-on choisir pour le repas de ce soir? Dois-je encore choisir moi-même où vas-tu désigner ceux que tu apprécies le moins?
- Monsieur, je vous en prie... (Yuri se mit à genoux, front sur le tatami) Un seul, pas deux, laissez encore à ces enfants le temps de vivre. Je ferais toujours ce que vous voulez, vous le savez.
- Ma pauvre Yuri, leur laisser le temps de vivre quoi? Regarde ces déchets, ils sont tous terrifiés chaque jour et chaque nuit. Mais si tu insistes, on va aller dans une autre cabane et on va se payer du bon temps, toi et moi, t'en penses quoi?

L'homme se leva et prit Yuri par le poignet pour l'entraîner avec lui dehors pour crier dans la rue à trois hommes chargeant leurs pistolets de poudre et aiguisant d'un mouvement las leurs armes blanches:
- On va dans l'autre cabane, les gars, ne nous dérangez pas ou ça va chier, et surveillez les gosses aussi.
- Tu t'emmerdes pas, nous on se paye le boulot de merde pendant que tu t'amuses.
Malgré la complainte, les hommes s'exécutèrent à contrecoeur, entrant dans la bicoque contenant les enfants alors que Yuri et celui qui la détient entrent dans une autre petite maison de paille, plus petite. Il s'arrêta net et jeta la jeune femme au sol sans ménagement alors qu'elle expire de douleur puis posa ses mains au sol autour de son visage en souriant. Il ouvrit le yukata qui la recouvrait pour la mettre à nue et commença à lui lécher le visage et le cou de sa longue langue collante de salive. Est-ce que je mérite ce qu'il se passe...? était la pensée qui résonnait dans l'esprit de Yuri. Ne puis-je que ça pour leur survivre...? Pourquoi dois-je protéger ces enfants... Je ne peux rien pour eux... Je ne veux pas mourir pour eux... des larmes coulaient sur ses joues alors que l'homme en était déjà à son ventre. Il s'arrêta net en s'écriant soudain:
- Petite truie! mais tu saignes, t'as tes règles!
Il se leva avec fureur et écrasa son poing sur le visage de Yuri. Puis il la frappa une seconde fois alors qu'elle se mit à pleurer en se tenant le nez. L'homme tourna les talons et sortit de la cabane, hurlant d'une rage folle.
- Choppez les enfants! Cette chienne ne sert plus à rien! Qu'on fournisse tout les enfants pour ce soir!
Yuri ferma les yeux et perdit connaissance.

Chapitre 2:

Onoue avançait sur la colline donnant sur un village fantôme. Enfin, sensé être fantôme, car elle y voyait au fond un départ de feu de joie. Plissant les yeux, elle glissa sur la colline pour arriver à l'entrée. Il n'y avait pas âme qui vive et Onoue n'en était pas étonné au vu des cadavres plantés sur des piques qui jalonnaient des baraques en piteux état.
Elle garda un air sérieux malgré ces silhouettes mortes dans la pénombre et brandit son katana devant elle pour dire:
- Tu sens quelque chose, Shiromaru?
Le talisman de métal enchaîné au pommeau du sabre se mit alors à flamber d'un feu bleu peu lumineux tandis que la face se tourna vers Onoue subitement en flottant, un sourire malicieux et des yeux mimant à l'excès une joie, voire une jouissance, éternellement figés dans le fer.
- Tu veux que je te dise ce que ça sent? Ca pue la merde et la pourriture, ici. Je suis une lame noble, moi, comment oses-tu m'emmener dans la fange ainsi? Ai-je tellement l'air d'un rigolo?!
- Techniquement... (Onoue plissa les yeux sur le visage rigolant figé contre le gré de Shiromaru) t'as bien une tête de clown. Bon, réponds maintenant.
- Vilaine! Mécréante, malandrine! Je ne sais pas si ce mot existe... Mais... (Shiromaru se tourne alors vers la direction du feu de joie) en effet, tout mes sens sont en éveil quand je regarde en direction de ces flammes. Il y a bien un yokai par là-bas. Voire un oni. Il est plutôt gros, on va en chier par terre, t'en es consciente au moins?
Onoue ferma les yeux et rengaina le katana dans son fourreau, laissant Shiromaru pendre à sa taille, elle ajuste ses bottes de cuir couvertes devant les mollets de plaques de métal déjà bien usées et fit un pas, mais s'arrêta net. Elle avait entendu un craquement de paille dans la baraque à côté d'elle. Elle dégaina son arme et poussa avec la pointe de celle-ci le rideau de bois qui couvrait l'entrée et resta là, plongeant son regard dans les ténèbres de l'habitation.

De légers craquements de tatamis se firent entendre à nouveau. Encore... et encore... soudain, un homme s'élança hors des ombres, une lance en estoc sur Onoue qui par réflexe fit un pas en arrière sur sa gauche en relevant le haut du corps afin de ne pas être empalée à un endroit vital. malgré cela, elle ne put éviter le fait que l'arme se plante dans son épaule, heureusement atténuée par l'épaisse plaque de cuir qui couvrait cette dite épaule ainsi que sa poitrine, son haori flottant dans le mouvement, Onoue grimaça faiblement sous la surprise et la douleur, il n'y avait pas de blessure grave, mais la pointe avait tout de même pénétré sa chair. Elle prit en main son katana et leva le tranchant de son arme vers la jugulaire de son ennemi dans un vif et léger mouvement alors que le sang jaillissant de la gorge du vaincu commençait à tâcher le visage dur d'Onoue dans un bruit liquide et épais. L'homme posa les mains sur sa gorge en avançant faiblement, lâchant un râle étouffé par l'accumulation d'hemoglobine et s'écroula au sol, baignant dans son sang. Elle regarda sa victime en rengainant doucement son arme... quant alors un craquement sur le toit de la baraque se fit entendre, mais avant qu'Onoue n'ait le temps de se retourner en dégainant son sabre, deux autres hommes lui tombèrent dessus, dont un abattant une masse sur son crâne. La faisant s'écrouler au sol, inconsciente et le visage en sang. Le katana blanc et noir tombant plus loin dans la boue alors que Shiromaru ne se fait pas remarquer.
- On fait quoi d'elle?
L'homme se tourna vers son collègue sans rengainer son arme, sur ses gardes.
- Quelle question, on la ramène à notre maîtresse. Elle saura quel châtiment on réserve aux fauteurs de troubles comme elle.
Ils prirent alors une Onoue inerte par les aisselles pour l'emmener en direction des flammes.

"Alors là... C'est vraiment la merde." se dit Shiromaru, gisant dans la boue sans autre moyen de bouger.

Chapitre 3:

Yuri ouvrit les yeux et se releva dans la pénombre, son nez était douloureux. Elle posa la main sur celui-ci en grimaçant et se rendit vite compte qu'elle était couverte de sang. Si elle l'était sur le haut du corps, elle remarqua bien vite que du sang avait aussi ruisselé entre ses jambes. Elle avait mal au ventre. Une douleur telle qu'elle en transpirait. Elle savait ce que c'était. Elle savait aussi que ce n'était pas le moment pour être prise par de telles douleurs. Elle devait partir ou ils la tueraient à présent. Elle sortit de la maisonnette pour marcher en refermant son yukata profondément tâché par ses saignements et trébucha sur le cadavre d'un des hommes qui l'avait maltraitée.
- Sale bandit... C'est tout ce que tu méritais... Mais qu'est-ce qu'il s'est passé...?
Elle releva le regard devant elle et remarqua une lame aux couleurs blanches et noires gisant dans la boue. Elle se lança alors dessus et l'attrapa pour se relever avec, fixant celle-ci comme si elle était prise d'un espoir qui s'estompa ensuite.
- Même avec une arme je suis incapable de faire face aux bandits...
- Que dis-tu?!
Shiromaru s'enflamma et virevolta jusqu'au visage de Yuri qui le fixa longuement avant de-
- A-aaaah!
- Aaaaaaah!
- WOWOAAAAH!
- WHOAAAAAAAAAAAAH!
Les deux hurlaient crescendo tour à tour alors que Yuri tomba sur l'arrière train de stupeur.
- Un sabre qui cause!
- Un sabre...? UN SABRE?! Insolente que tu es, je suis Shiromaru, SHI-RO-MA-RU! Le katana qui tranche la chair et l'esprit, qui répand les fléaux comme il peut les arrêter! Le trancheur d'oni! Le découpeur de yokai! Je connais vingt-six langues différentes of course why not my dear, and some rumors say i can make coffee, yes yes, oui oui.
Yuri cligna des yeux alors qu'au loin des bandits alertés par les crient arrivent.
- Oh non, nous avons fait trop de bruits!
La jeune femme se mit à courir en direction des marais, Shiromaru à la main, elle sprinta de tout son saoul avant de s'arrêter devant les grandes étendues d'eau boueuse, essoufflée.
-J-je crois qu'on les a semé...
- En effet, dis-moi, tu fiches quoi au milieu de ce chaos, mon enfant?
Yuri se posa alors sur le sol en regardant Shiromaru d'un regard triste et honteux.
- Y-Yuri... C'est mon nom, je suis ici parce que je vivais ici... C'était un village de cultivateurs de riz ici. Quand Yanxia fut libérée de Garlemald, les bandits se sont fait encore plus virulents qu'avant et un groupe a réussi à prendre le contrôle du village... I-ils ont tué tout les habitants, dont mes parents et ont laissé en vie les enfants et moi pour les donner à dévorer à la créature qui les accompagne. Moi je ne suis en vie qu'en tant qu'esclave pour eux.
Shiromaru fixa le regard abattu de Yuri avec son air figé et moqueur, pourtant il n'ajouta rien, en son for intérieur, c'était tout autre que de l'amusement qu'il ressentait.
- Ecoute Yuri... Si tu veux te venger de ces barbares et libérer ce village ainsi que toi-même, il faut que tu entendes ma requête.
La jeune femme leva ses yeux brumeux vers Shiromaru avec intérêt et il continua:
- Ma copine de toujours, ma soeur d'arme Onoue. C'est elle qui a tué ce bandit sur lequel tu as trébuché mais deux autres lui sont tombés dessus et elle a été capturée pour être emmenée vers le grand feu au bout du village. Sans des bras pour me manier je ne suis qu'une arme impuissante, j'ai besoin de quelqu'un pour me diriger vers elle ou elle se fera tuer. J'ai besoin de toi, vraiment.
- B-besoin de moi? Mais je ne sais pas manier le sabre, on va se faire avoir!
- Fais-moi confiance, si nous n'allons pas libérer Onoue, le rituel de l'Onmyōdō va se lancer et les ténèbres vont s'abattre sur ce village. Des maux pires qu'actuellement. Tout périra, des créatures viendront dévorer les hommes et les vivants.
- L'Onmyōdō?
- C'est un rituel de divination occulte capable d'ouvrir un portail sur un plan autre qu'Hydealyn. Il est fait à base de magie et de sacrifices... L'énergie vitale est dépensée pour ça. Je ne sais pas où il en est ni combien de litres de sang à déjà été versé pour que l'ether abonde, mais au vu de tout les morts et disparus de votre village... je peux en déduire sans me mouiller que le stade est déjà bien avancé.
Yuri écarquilla les yeux d'effroi.
- Oh non...
- Veux-tu bien m'aider?
- J-je connais un chemin où on peut éviter les bandits, dans le marais, ça nous fait faire un petit détour mais je ne peux proposer mieux...
- Ca me parait bien, en avant!

Yuri se leva et se mit en marche, levant son yukata pour mettre les pieds dans l'eau alors qu'elle marche péniblement à travers la boue.
- C'est vraiment très marécageux autour de ton village.
- Les terres où l'eau est abondante sont les seules capables d'accueillir les plants de riz. Avant ces étendues d'eau croupie étaient des zones pour cultiver le riz. Mais il ne reste plus rien.
La jeune femme trébucha alors, tombant à l'eau en prenant garde de ne pas plonger la lame par réflexe. Elle se releva en toussant et se tourna vers la source de sa perte d'équilibre... pour y découvrir un petit cadavre d'enfant aux yeux vitreux et dont la terreur semble s'être forgée sur son visage. Yuri cria et recula jusqu'à la rive en paniquant, s'accrochant à un arbre pour se mettre à vomir de la bile en pleurant.
- Yuri...
- C-c'était Kazuma, c'était un gentil garçon... Il faisait des bétises ça oui, il avait cassé le chariot de grains et jouait à se mettre du riz dans le nez pour le cracher sur les autres, il ne méritait pas ça... pourquoi on subit tout ça, qu'est-ce qu'on a fait aux kamis, Shiro...? Une minute... Ces arbres n'étaient pas ici avant.
-...
Yuri releva la tête en essuyant son visage avec son yukata déjà sale, reniflant une dernière fois pour se reprendre et leva les yeux sur l'arbre sur lequel elle s'était rattrapé pour y remarquer avec effroi un visage apeuré gravé dans l'écorce dont les ténèbres laissaient deviner les formes sans peine des yeux et de la bouche noirs comme le néant absolu. Shiro lévita plus près du visage de bois, sa flamme bleu d'outre tombe éclairait légèrement la sinistre sculpture d'écorce, atténuant ses traits enfantins dans un jeu d'ombres.
-C'est bien ce que je pensais... Le rituel est déjà bien avancé... Mais...
Shiro se tourna vers les autres arbres du marais.
- Merde...
Yuri tourna les yeux vers les autres arbres pour y remarquer des visages similaires, des visages emplit de terreur sculptés dans les troncs, comme des âmes prisonnières d'une forêt monstrueuse forêt. Et alors une forme plus loin, dans des ténèbres de plus en plus denses, attira son regard, comme la silhouette d'une pyramide ou d'une petite colline. Elle avança alors vers ce qu'elle ne peut qu'à peine deviner, les larmes aux yeux, appréhendant ce qu'elle va trouver. Soudain une odeur nauséabonde de décomposition vint agresser ses narines, elle mit la main devant sa bouche en avançant, prête à vomir à nouveau, elle devait voir ce qui se trouvait là-bas.

Elle avança en tenant fermement Shiro et arriva devant quelque chose qui la fit tomber et vomir tout son saoul, sans s'arrêter en gémissant de peine et d'horreur alors que Shiro regardait le spectacle qui se dressait devant eux, muet:
Une montagne de cadavres d'enfants, certains partiellement dévorés, au bras droit ou à la jambe, voire ventre. Pour d'autres il ne restait que des bustes ou des têtes. Yuri s'écroula de désespoir dans l'eau boueuse teintée de rouge son ventre lui procurait une douleur atroce.
- Le rituel est bientôt terminé... Il ne manque plus que le sang d'une vierge et tout va commencer... Oh non...
- L-le sang d'une vierge...? Ca veut dire que toutes les enfants qui sont là... C-c'est pas possible...!

Yuri se tenait le ventre en gémissant. Elle ne s'en était pas rendu compte. Mais son sang ruisselait sur ses cuisses et ses jambes pour s'écouler dans le marais, se mélangeant avec l'eau boueuse.


A suivre.
Dernière modification par Anna Gelson le 02 sept. 2019, 14:32, modifié 1 fois.

Anna Gelson
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Re: [Récit/background] SHIRONOUE (+18 pour lecteur averti)

Message par Anna Gelson » 02 sept. 2019, 14:29

Chapitre 4 :



Un énorme brasier brûlait devant le regard d'Onoue et ce qui l'alimentait n'était autre que des morceaux de maisons épars, en tout cas cela y ressemblait. Elle leva la tête et tenta de bouger ses mains en vain, elles étaient attachées à un poteau encore debout. Elle observa les flammes et y devina une énorme forme bossue qui se retourna doucement vers elle, c'était l'ogresse, pas de doute. La créature avait un visage de femme pâle aux airs abattus, comme si elle avait perdu l'être le plus cher à ses yeux, son corps était couvert de ses longs cheveux de jais mouvants comme d'immondes vers sur son kimono déformé tâché de différents fluides qu'elle pouvait deviner comme sang et bile, tout ce corps était dominé par deux énormes cornes semblables à celles d'un bouc et flambant comme l'enfer. L'ogresse fixa Onoue longuement avant de chercher à son côté un petit garçon bâillonné de sa grande main crochue et squelettique pour en attraper un par le bras et le soulever jusqu'à sa bouche afin de croquer goulûment dans son ventre et tirer sur les tripes dans une cascade sanglante et visqueuse devant Onoue. L'enfant ne semblait pas crier, d'après les marques sur sa gorge il avait été étranglé avant. Onoue plissa les yeux devant cette vision, elle ne le montrait pas mais en elle se mélangeait peur et haine. Qu'est-ce que cette créature allait faire d'elle à présent? Elle se posait la question. La chose laissa tomber le haut du corps de l'enfant déjà bien entamé et avança, non rampa presque jusqu'à Onoue qui se collait au pilier en grimaçant. Je vais crever cette fois! cette phrase résonnait dans son esprit comme une alarme.


Yuri tint son ventre en grimaçant de douleur et posa les yeux sur ses jambes couvertes de son sang et pâlit soudain en remarquant qu'il coulait dans l'eau croupie du marais. Elle en sortie d'un bon vers la terre la plus proche, s'étalant dessus en haletant dessus et s'asseyant en fixant le tas de corps sans vie qui lui faisait face, appréhendant la suite.
- Shiro... j'ai fais une bêtise, oh non, j'ai fais une bêtise!
- Ce n'est pas ta faute. Garde ton calme.
Shiro se alla près de la joue de Yuri sans contact et regarda dans la même direction qu'elle. Tout deux attendirent là, attendant une réaction. Les ténèbres du marais se faisaient déjà plus denses, comme la fumée noire suie d'un feu immense. Yuri y voyait de moins en moins... Doucement une douce lueur apparue dans la noirceur ambiante, comme une luciole dans la nuit. Alors une deuxième apparue, puis une troisième, puis une quatrième et enfin une vingtaine. C'était des pairs d'yeux, des regards braqués sur Yuri. La jeune femme se releva alors en haletant et serra Shiromaru dans ses maigres bras. Soudain les ténèbres s'étalèrent au sol comme un raz-de-marais noir, une gigantesque entité grimaçante telle une masse de charognes informe et blobesque commençait à avancer vers le village et Yuri en poussant des gémissements enfantins lourds et plaintifs, déformés par ce qui semblait être des cordes vocales visqueuses et fondantes, cet amas de choses ne gardait pas forme bien longtemps mais ça ne l'empêchait pas d'inexorablement avancer en dévorant toutes vies sur son passage, comme si l'eau immonde du marais prenait vie sous sa forme la plus démoniaque.
Yuri n'avait pas la force d'hurler mais son instinct la faisait déjà fuir à toutes jambes. La chose s'étalait autour des arbres pour les faire mourir, l'espoir semblait englouti en son sein.
- Il faut trouver Onoue avant que cette chose n'atteigne le village! Suis le feu!

L'ogresse fixait Onoue dans les yeux, son haleine aux relents de chair et de sang agressait les narines de la femme alors qu'elle releva la tête pour fixer l'ogresse de haut en retour.
- Et tu vas faire quoi? Me bouffer aussi?
La créature fondit alors en larmes dans ses mains griffues, du sang coulait de ses yeux.
- Tu es déjà adulte... Tu as déjà grandi...
- Qu'est-ce que tu racontes... Espèce de folle...?
La chose s'arrêta soudain de parler, prise de spasmes, elle s'agenouilla et se mit à vomir sur les pavés quand soudain, une crâne se mit à sortir de sa bouche, suivit d'un petit corps qui s'étala au sol. Elle avait craché ce qui semblait être un petit enfant... Mais ses yeux était globuleux, sortant de son leurs orbites, sa peau semblait de verre tellement elle était transparente, tout comme sa chair, d'ailleurs, car on ne voyait de son intérieur que le squelette. La petite chose se leva en entrouvrant sa petite bouche dans un gémissement aiguë alors que l'ogresse arrachait le cordon de sa gueule.
- C'est...
Onoue resta bouche bée devant ce spectacle, elle ne savait plus quoi faire, elle se sentait désarmée.

A suivre.

Anna Gelson
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Re: [Récit/background] SHIRONOUE Ch5 (+18 pour lecteur averti)

Message par Anna Gelson » 09 sept. 2019, 23:04

5 ertipach

-SHIRO?!
-L-la marée noire! FUIT YURI!
Yuri recula d'un pas devant l'avancée de la marée flasque et râlante qui s'écoulait devant elle et sans plus tarder prit les jambes à son cou, détalant comme si sa vie en dépendait, car sa vie en dépendait sûrement. Mais il était déjà trop tard. Le raz-de-marée avala les pieds de Yuri et la fit tomber à plat ventre en son sein, l'engloutissant dans les ténèbres. Elle lâcha Shiro qui coula aussi, ses flammes s'éteignant.

---
Yuri s'éveilla de son futon et se redressa doucement, il faisait beau et la maisonnée était emplit d'une odeur de bon poisson et de riz. Elle se leva alors en se frottant les yeux et marcha jusqu'à la pièce principale où était assise sa soeur, devant une petite marmite au dessus d'un feu.
- Bonjour, Yuyu, tu as bien dormi?
- Bof, j'ai fais un horrible cauchemar...
- A force d'écouter des histoires de yokai, ça te pendait au nez ma vieille! Tu as lu quoi cette fois?
- L'ogresse et sa troupe... Je ne suis plus une gamine Umi.
Umi ricana et remua les braises elle prit ensuite un bol et y versa riz, poisson et sauce pour le tendre à sa petite soeur. Yuri la remercia d'un hochement de tête et prit celui-ci pour manger doucement, le goût était amer, elle grimaça un peu.
- Ah oui, les résidus de ceruleum rendent le riz amer. Ca va dans l'eau et ensuite dans les plants.
- J-je sais...
Les deux soeurs restèrent silencieuses un moment. Puis Umi brisa le silence:
- C'est... Tu crois que c'est à cause de ça si je ne peux pas...?
- C'est possible, mais je ne sais pas trop, qu'importe ce que papa et maman disent, tu sais, tu restes qui tu es.
- J'espère que toi au moins tu seras capable de donner naissance à la prochaine génération.
- ... Tu n'as toujours pas réussi...?
Umi détourna le regard vers la porte ouverte qui donnait sur le village.
- Akira s'en est allé vers une autre famille.
- Je vois...
Yuri vint prendre sa soeur dans ses bras doucement.

---
Yuri leva la tête de la marée noire en toussant, elle était couverte de sang. Elle se leva sur ses pieds en titubant un peu et regarda de gauche à droite dans la nuit noire.
- Shiro...? Shiro?!
Elle n'entendit aucune réponse, elle avança alors avec difficulté et tomba à genoux, ne pouvait se tenir debout par fatigue et par dépit. La marée l'engloutissait à nouveau...
---
- As-tu entendu cette histoire? Les enfants disparaissent du village. C'est terrifiant.
- Boaf, ils doivent rejoindre les rangs Garlemaldais, y'a pas d'avenir ici.
Yuri se leva de table en remerciant ses parents qui discutaient pour aller vers la chambre. Elle s'arrêta soudainement en entendant les pleurs de sa soeur qui en provenait et, n'ayant pas le courage de les affronter, elle s'assit dans le couloir, attendant que ceux-ci s'arrêtent.
-...ri...
-... uri...
YURI!
Elle se leva en sursaut de l'eau croupie et regarda qui l'appelait.
- Yuri, par tout les kamis tu n'es pas morte, c'est moi, Shiro!
La jeune fille se leva et posa son regard vers Shiro qui gisait au sol, elle avança faiblement et le ramassa en continuant sa route, traînant des pieds.
- La marée noire continue sa route, j'ai bien peur qu'elle ne soit déjà dans le village.
Yuri entra dans le village, il était recouvert d'une vase noire, elle y remarqua des cadavres fondus avec différentes armes, pas de doutes, c'était les bandits, mais pourquoi étaient-ils morts, eux? Elle ne le savait pas... Mais continua sa route jusqu'aux flammes, il fallait que tout cela finisse.



A suivre...

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